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Interview AB-100 Collectif By HssH
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1. Ab 100, voilà un collectif qui n’est pas sans rappeler son homonyme « Absent ». Présente-nous en quelques mots ces deux structures ? En quoi fais-tu un pont entre les deux, en quoi se distinguent-elles ? Qui sont les protagonistes derrière ces deux éléments visuels et sonores ?

Tout à commencer quand Yan m’a proposé de bosser sur son projet , absent , en 2003 . il m’a invité à partager son univers et c’est là qu’on s’est trouvé humainement . D’une collaboration est née le groupe . Puis on s’est dis qu’on pourrait étendre tout cela , par une asso , un collectif ; réunir des individiualités fortes au delà de la musique , pour créer une entité sonore et visuelle . Syf (photo/vidéo) nous a rejoint immédiatement dans notres démarche (il est le président d’aB.1oo) , puis Kabutogani (electronica) est venu gonflé nos rangs ; nous pouvions enfin commencer avec ce qui est resté le noyau dur . On s’est regroupé en se disant que notre voix porterait plus ainsi : chaque fois que l’un de nous attire le regard sur lui , il l’attire du même coup sur les autres . Le collectif regroupe plusieurs disciplines : L’exploration sonore à travers des live , et/ou des mix , jusqu’à l’installation sonore (Yan a été invité au printemps pour une install’ lors d’une exposition à côté de Lille , par exemple ) . Il y’a aussi le travail visuel , des photo de Syf , en passant par l’exploration plastique de Mitaine K ou de Romain Bailly, ou la vidéo de Sylvain Weber lors de sets d’absent , celle de Syf pour Douglas Bravo … . Il y’a énormément de collaborations internes , mais chaque entité conserve son autonomie propre . Les soirées que nous organisont sont très représentatives du côté pluridisciplinaire , aussi bien les concerts , que les vernissages .Pour plus d’infos concernant nos artistes , il suffit de passer sur le myspace du collectif , tenu par Kabutogani : http://www.myspace.com/collectifab1oo

2. Quelle est la place de Guerilla Underground dans tout ça, étant donné que tu collabores à cette association ?

Guérilla a été le grand frère . celui qui a amené les contacts , l’expérience et le matériel .
C’est GU qui gère la distro . Physiquement , ça s’arrête là . Guérilla est indissociable d’aB.1oo parce que nous sommes tous plus ou moins liés aux deux structures . Ca m’est difficile de clarifier la place de GU , je suis lié à cette entité au point de lui être assimiler . quelque soit l’endroit ou je pointe le nez , l’ombre de Guérilla plane ……. Du moment que ça ne pose pas de problèmes aux personnes avec qui je travaille , tout va bien !

3. Lorsqu’on évoque « La Division Mentale », projet metal extrême très teinté électro, on pense tout de suite à Absent, Ab 100, Guerilla Underground. Pourquoi ? Peux-tu nous dire quelle est cette « protéine » qui semble une fois de plus synthétiser votre investigation sonore et visuelle ?

oui , c’est clair , on a fait ça en famille ! LdM existe depuis 1998 . Cétait déjà une expérience électro métal pour le moins … brutale . Quand j’ai créé Guérilla quelques temps après , il me fallait des projets pour valoriser l’asso , donc forcément j’ai dépoussiérer LdM en rééditant la démo . LdM a donné une certaine couleur à GU .
Puis à la naissance de mon fils en 2oo3 , j’ai voulu laissé une trace musicale personnelle , quelque chose qui ne mente pas (c’est un peu clichesque , je te l’accorde , mais tellement viscérale) , j’ai donc remis sur pied LdM avec l’aide d’un proche , Mriik (wolok , Devilish Era) . En avançant dans le projet , le concept musicale s’est affirmé , et il fallait qu’il englobe tout ce qui m’entourait , donc j’ai sollicité les membres d’aB.1oo (Yan d’absent et Botchan de Babylone Chaos) pour leur demander de me composer des titres que j’intégrerai de manière libre à l’album , ce qui lui a donné cette dimension si particulière . Puis Syf est venu me filer un coup de main sur le Lay out , Mag , notre trésorière , est venu faire les voix féminines etc….. J’ai toujours eu besoin de partager la musique en ‘famille’ . Ca l’enrichit et ça m’enrichit . On marche tous à l’envie de faire les choses ensemble ; il suffit que l’un de nous soit demandeur pour que les autres l’aide . Dans le cas LdM , ça a permis aux mecs de se confronter à un univers différents du leur (le métal extrême) et ça permet à LdM d’apporter autre chose sur la scène métal : de vrais activistes électro . LdM fait la jonction entre Guérilla et aB.1oo , en quelque sorte .

4. Que penses-tu de la scène électronique actuelle, internationale tout d’abord et française ensuite ? Qu’escomptez-vous apporter de plus avec votre collectif ?

Je pense que la scène souffre . elle est vieillissante . le réseau est de moins en moins développé , aussi bien du côté des zines que des labels . Les structures tombes les unes après les autres .
Elle souffre de la mauvaise fréquentation des concerts …… en même temps , elle n’est pas la seule .
Les gens qui s’oriente vers les musiques électroniques cherche le côté festif , et/ou dansant , ça occulte forcément un sacré paquet de groupes . Mais je crois aux cycles , ça reviendra . Le public se renouvellera : la scène métal s’ouvre de plus en plus à l’expérimentation , par exemple ….

Ce qu’on essaye d’apporter avec aB.1oo , et ce , à notre toute petite échelle , c’est l’ouverture : parler d’électronique au sens large . Chez nous , il y’a des mecs qui travaillent des drones (douglas Bravo) , de la noise (LdM , Kordha) , de l’expé (Génie 80 , Scripta Manent) , de l’indus (Babylone Chaos en tête) , de l’électronica (Kabutogani , absent en partie) , mais aussi des chose plus ‘dansantes’ (minimale , drum n’ bass) pour absent et David Canada . Quand on organise une soirée , on aime commencé dans l’abstraction pour finir sur un exutoire très rythmé et plus accessible . Je pense que si l’on veut se ‘créer’ un public , il faut d’abord l’initier , lui faire découvrir quelque chose qu’il ne serait pas forcément venu voir si la thématique était plus serrée . C’est une méthode qui fait ses preuves .

5. Vous développez parallèlement un projet de label « on line ». Dis-nous exactement de quoi il en retourne. Quels sont les groupes que vous proposez et quels critères de sélection faites-vous ? Parle-nous un peu de la démarche du label, à savoir vos exigences, vos ambitions, vos désillusions éventuellement, bref votre environnement de travail et de plaisir ?

Le label sert avant tout à présenter les artistes qui rejoignent aB.1oo . Nous n’avons pas l’ambition de développer autre chose que nos artistes locaux (ce qui était déjà une priorité avec Guérilla Underground) .
Le label , si on peut l’appeler ainsi , sert à financer la diffusion faite autour des groupes/projets aB.1oo afin de garnir les press books qu’on soumet au orgas/salles etc …. pour rendre crédible notre démarche et nos artistes .
Les critères : être du coin , être capable de se mettre au service des autres et en plus faire de la musique de bonne qualité en ayant une identité sonore différente des projets qui nous ont déjà rejoints . La seule chose que je refuse d’emblée , ce sont les projets techno tous styles confondus , juste parce qu’il y’a suffisamment de structures et d’endroits pour jouer ce genre de musique . L’expérimentation est une priorité , si ce trait de caractère n’apparaît pas , il sera difficile de collaborer avec nous , c’est notre ligne directrice . Nos cds ont tous été très bien accueillis , par les zines/radios et par le public . J’en suis véritablement fier . Nous essayons aussi d’y intégrer notre travail photo et vidéo pour accentuer l’idée de collectif , quand cela s’avère pertinent .aB.1oo in mix et la compilation expérimentations et électronique #1 en sont de bons exemples . Sur le long terme , j’aimerai bien qu’on arrive à trouver les moyens de sortir un objet classieux issu d’un travail commun . Ma seule déception : la frilosité de certains médias à parler de CDr dans leurs pages . le non intérêt d’autres pour notre petite structure … on doit manquer de paillettes et d’envergure . Mais bon , ça pèse pas lourd sur la balance .


6. Le projet « Absent » s’est vu gratiné de quatre nouveaux titres et une co-production devrait voir le jour avec Diahableries et un label naissant. Ces quatre titres seront accompagnés de remix réalisés par des électrons (libres !!!) de la scène électro. Peux-tu nous dévoiler un peu le développement de ce label ? Aussi, le choix de remix plutôt que de nouveaux titres : pourquoi ? Quel est le but recherché si tenté qu’il y en a un ? Et qui sont ces électrons que vous avez choisi pour triturer vos créations ?

On va essayé de prendre les choses dans l’odre : Diahableries nous avait solliciter (absent) pour composer quelques titres inédits . L’idée d’un one shot a tout de suite germé dans la tête de Yan , et on s’est retrouvé à mettre en place un concept qui nous permettrait de bosser sur de nouvelles sonorités tout en travaillant d’une autre manière . C’est comme cela qu’est né Children ep . Puis , pour aller plus en avant dans la thématique , nous avons solliciter l’aide d’une amie pédo psychiatre . Elle nous a donné une direction à travers des textes types , adaptés , afin d’éviter tout côté clichesque . Elle a travaillé en collaboration avec Syf , qui , à notre demande , a illustré les propos , créant par ses visuels le lien entre textes et musique . Je ne peux malheureusement pas dire grand chose concernant le label partenaire . je ne suis pas au cœur de l’action . Tout ce que je peux avancé concernant cette affaire , c’est qu’elle est menée par deux personnes qu’on connaît bien chez aB.1oo , puisqu’il s’agit de David Canada et Botchan Karisen . Ils ont envie de monter leur propre structure . On ne pouvait que saluer une telle initiative , donc quand ils sont venus nous voir pour nous expliquer qu’ils verraient bien absent à leur catalogue , nous leur avons parler de la coprod qu’aB.1oo avait en cours avec Diahableries . Cela nous semblait judicieux pour deux raisons : aB.1oo a pour vocation de dénicher des activistes plutôt que développer le même groupe éternellement et offir une co prod a un label naissant revient à minimiser les risques financiers pour celui ci . Pour la suite de leur programme , connaissant les deux trublions , j’imagine qu’ils développeront quelque chose entre la minimale si chère à David Canada , et les trucs les plus improbables de Bk .

Pour revenir au ep , l’idée de greffer des remix vient de Bk . Le but du jeux pour lui était de gonfler un peu plus le projet initial . Avec Yan on a longuement réfléchis à tout ça (on préfère saborder un projet plutôt que de finir par faire n’importe quoi dessus) . Il était hors de question de décliner le concept sur quelques titres de plus , puisqu’on avait dis ce qu’on voulait avec ces quatres titres . On s’est alors rendu compte du principal : l’idée était inscrite dans les textes et le visuel ; notre musique n’est qu’une illustration , et n’importe quel artiste peut y donner son interprétation . Cette relecture nous a donc semblé la solution . A l’écoute de nos morceaux , on a tout de suite su quel titre donner à quel artiste . On s’est empressé de contacter Kabutogani , Babylone Chaos , Ten data keshin et Shizuka . Ils ont tous répondu présent . Et vu les premiers résultats , je pense qu’on a fait le bon choix . Ces mecs là sont impressionnant . Quand j’écoute ce qu’ils arrivent à faire avec nos sons , ça me laisse sur le cul . Au final ca donnera un objet complet et définitif .

7. Vous avez l’expérience de sessions live. Qu’avez-vous retiré de l’essence de ces lives ? Quelles impressions, quels sentiments ? L’organisation était-elle au rendez-vous ? Un mot sur votre public ?

Oui , absent a la chance de très bien tourner . C’est un projet qui s’intègre facilement sur une affiche . C’est un peu plus compliqué pour nos projets plus spé , mais vu l’état actuel des choses , on va pas se plaindre . Certaines assos prennent plusieurs groupes du collectif en même temps , et là , je peux te dire qu’une soirée en ‘famille’ , c’est le pied ! C’est toujours un immense plaisir de jouer live . Ca nous permet de revisiter notre propre musique . Le live reste une expérience sans filet , un but ultime , une autosatisfaction intense . Avec absent et aB.1oo , on a eu la chance , et ce dès le départ , de tourner dans d’excellentes salles ; donc forcément d’excellentes conditions . C’est réellement une chance quand on pratique ce genre de musique , et nous en sommes très conscient . Absent doit être un des rare groupe électro avec influences expé à pouvoir rentrer dans les salles de musiques actuelles , tournées en majorité vers les formats rock . Il y’a vraiment eu peu de plans galères . On évite dorénavant de jouer dans les rades pourris pour des gens qui ne viennent que pour la bière - moment de solitude - . C’est très formateur , c’est un passage obligé , mais ça , on l’a fait . Pour le public , c’est souvent la curiosité qui les amène , (et souvent la tête d’affiche) . C’est toujours agréable de cueillir une salle .

Et puis il y’a les soirées que l’on organise . C’est véritablement très enrichissant de passer de l’autre côté , de programmer les gens que l’on a envie de voir , de taper dans des styles que nous ne pratiquons pas . Nous avons d’excellents partenaires , que ce soit la salle (La Vapeur à Dijon) , la ville (qui nous permet de de réaliser l’ entrée gratuite ) etc ….


8. Que pensez-vous de l’avenir du disque ainsi que de sa place actuelle dans nos esprits ? Est-il encore souhaitable de sortir des productions sous leur forme physique, j’entends par-là cd, dvd…ou au contraire, l’émergence des nouvelles technologies rend la possession de la rondelle « has been » ? Ne doit-on pas trouver de nouvelles idées pour diffuser nos arts ?

Nous sommes très partagé sur la question à l’intérieur du collectif . Voici donc mon avis , et il ne concerne que moi . Je pense que c’est avant tout une question de culture et de passion . De culture parce que je fais partis de cette génération qui n’a pas connu la musique via le net . Je n’apprécie pas le fait de ne pas avoir l’objet entre les mains , lire les crédits , les textes , profiter des visuels . La musique pour la musique , oui , mais la limite arrive pour moi dès la désacralisation de l’objet via son anonymat . là j’en arrive à la passion . L’amour de l’objet , digipack , gatefold , picture , shape etc ….. l’identification visuelle avant le plaisir auditif . A aucun moment les différents supports ne deviennent has been : on a dis ça pour le vinyl , il en sort encore , idem pour les tapes . Après je dois bien admettre que ça ne va pas fort pour l’industrie du disque en général .
J’ai suffisamment d’amis dans le milieu pour savoir que c’est un combat quotidien que d’être disquaire indépendant , distributeur ou label . On accuse souvent la profusion de groupes/labels inutiles , etc etc ….. on dit que les prods sont pas à niveau . Je ne cherche pas à combattre ces arguments , mais niveau profusion , on commence (et ce n’est que le début) déjà avec les netlabels . Et là , de l’inutile et du n’importe quoi , on va en avoir des tonnes . Il n’y a qu’à regarder le phénomène myspace pour s’apercevoir que tout le monde peut exister à travers un projet aussi virtuel et éphémère que le support . Bon , c’est gratuit , on va pas l’ouvrir en plus , chacun est apte a faire le tri , mais ça ne me suffit pas . Concernant les prods , j’ai du mal à entrevoir comment va faire un netlabel pour financer le travail d’un groupe (studio , mastering etc …..) . Il est vrai que l’électro est moins concerné que les formats standards , mais parlons globalement : soit la publicité et le sponsoring seront à l’origine du financement (classe !) , soit le groupe s’autofinancera , et la sélection ne sera pas lié au talent , mais à l’argent (encore plus classe) . Il nous reste le téléchargement payant …. Et ça , c’est une conception qui me dépasse . Ca fonctionnera peut être avec le catalogue universal , mais réellement , qui paiera pour des groupes UG ? Je ne veux pas faire le vieux réac , on collabore tous chez aB.1oo avec différents netlabels . Pour moi c’est un immense plus , un complément nécessaire , un moyen de diffusion inespéré . Disons simplement que ce qui est avancé aujourd’hui n’est pas le substitut . Personnellement , je n’ai pas de solution ; en vieux con que je suis , les supports classiques me conviennent très bien . Et pour finir dans l’infâmie , je continue à vénérer le mini disque , dont je préfère la compression à celle du MP3 .


9. Un petit mot avant de conclure ?

j’aimerai avant tout saluer l’aide et le soutien de Diahableries et de ses membres . c’est une structure qui a toujours été la pour nous . Et merci pour tes questions qui ont su éveiller chez moi la piplette narcissique que je suis !

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Merci à toi pour avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions.

Liens Internet :

http://www.myspace.com/collectifab1oo
http://www.myspace.com/absentdarkelectronica
http://www.myspace.com/kabutogani
http://www.myspace.com/ladivisionmentale







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